
Comme un petit Venise aux sonorités flamandes, Bruges est faite de petites rues jamais droites, qui vous mènent et vous promènent jusqu'à en perdre le Nord. Impossible de suivre un chemin, tous se scindent à chaque virage, vous obligeant chaque fois à choisir entre deux horizons, à écouter un vent gelé et vous laisser porter par lui au hasard de rencontres. Derrière chaque mur une fontaine, une statue, un palais arborant fièrement le drapeau de la Flandre. Des petits rectangles de brique rouge serrés les uns contre les autres comme pour se réchauffer, des toits en escaliers, des petits ponts de pierre qui ne tenaient plus guère que par un grand mystère et un vent plus que froid. Des eaux se croisent infiniment, portant sur leur dos des petites barques rigolotes. C'est un labyrinthe où s'amuse une lumière étonnante, qui habille de chaleur ces témoins préservés du passé.
Une odeur de gauffre chaude se mêle au souffle fort des chevaux qui sont ici prioritaires.
Les bouches des gens expulsent des mots étranges aux sonorités à la fois nouvelles et familières. Ils n'ont pour moi strictement aucun sens et moins que des mots ils ressemblent plus à des grognements d'enfant gâtés parlant toujours trop fort. Drôles de sons donc qui font partie d'un décor que je trouve de plus en plus calme. Fourmillent autour de moi tant de visages qui miroitent la lumière du soleil et piaillent à n'en plus finir. Mais moi je n'entends que le vent, qui me porte sur ces pavés, qu'on a voulu tordus pour faire la guerre aux talons hauts et aux semelles trop dures...
Une statue étrange prend l'eau et la recrache par son téton gauche, d'un air suffisant. Les vélos fatigués s'agglutinent aux fontaines puis font la course avec les carrioles furieuses, sur des routes qu'eux seuls connaissent. La ville ouvre ses bras et engouffre ceux qui s'y abandonnent dans des dédalles romantiques où chaque pierre posée à terre est une inviation à venir s'asseoir pour imaginer. Imaginer le temps d'avant où des gens moins grands et moins pressés parcouraient ces chemins qui n'ont pas vieilli et paraissent immortels. Le temps est arrêté.
A Bruges on ne se verrai pas vieillir sans être immédiatement transformé en statue de.... chocolat bien sûr !












2 commentaires:
ah ben non je t'ai dit des bétises j'ai fais tout dans le même sens que toi !...
bonjour j'apprends comment marche un blog....
suis un peu blonde ... ac du sang belge même ! oui oui....
salut céline, merci pour cette petie visite de bruge.
(Les photos sont très jolies)
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